Une chambre qui craque : comment j’ai réglé le bruit du plancher avant d’y installer ma cave à fromages

Une chambre qui craque : comment j ai réglé le bruit du plancher avant d y installer ma cave à fromages

Une chambre qui craque : comment j'ai réglé le bruit du plancher avant d'y installer ma cave à fromages

Le parquet de mon apart’ grince depuis toujours. Je l’avais classé dans la catégorie « charme de l’ancien », comme on classe les radiateurs qui sifflent et les fenêtres qui laissent passer le vent. Sauf qu’un jour, j’ai voulu descendre mon affinage au sous-sol et installer une petite cave à fromages dans la pièce du fond. Là, le grincement est devenu un problème : un plancher qui bouge, c’est un plancher qui laisse filer l’humidité et l’air froid où il ne faut pas.

J’ai donc passé trois semaines à potasser les dossiers du blog bricolage isolation-phonique.net, et j’en suis sorti avec une conviction : avant de traquer les bruits aériens, il faut traiter les bruits solidiens. Ce sont eux qui vous réveillent à 6 h 12 quand le voisin d’en dessous ferme sa porte de placard. Ce sont eux, aussi, qui font vibrer une étagère de comtés en train de croûter.

Le fromage n’aime pas les vibrations, mais alors pas du tout

On parle souvent de la cave idéale en termes de température et d’hygrométrie. 10 à 12 °C, 90 à 95 % d’humidité relative, une ventilation douce. Tout ça reste vrai. Ce qu’on oublie, c’est que le caillé en affinage déteste être secoué. Une meule posée sur une étagère qui tremble au passage d’un camion, et la pâte se sépare, le croûtage devient irrégulier.

J’exagère à peine. Sur mes premières tommes, posées sur une planche en pin trop souple, j’ai obtenu des petits défauts en couronne, comme une croûte qui cloque. Trois meules sur six, la première fournée. J’ai d’abord soupçonné ma souche de ferments. C’était le plancher.

Un plancher, ça travaille. Ça se dessèche, ça se contracte, ça frotte contre les solives. Et quand on accumule des dizaines de kilos de fromages sur des étagères, la charge ne fait qu’amplifier les mouvements.

Ce que j’ai appris sur les bruits de contact

Le bruit d’un parquet ancien vient rarement de là où on l’imagine. On croit entendre la lame claquer, alors que le frottement se produit souvent entre la lame et une lambourde, ou dans une rainure où plus rien ne glisse. Le blog d’isolation phonique que j’ai épluché détaille bien ce mécanisme : un bruit de choc, ça se traite à la source, pas en collant un tapis sur le dessus.

J’ai commencé par le plus simple, et par le moins cher. Talc dans les rainures. Résultat mitigé, mais pour 4 €, je ne regrette rien.

Puis j’ai vissé. Une vis tous les 30 cm sur les lames qui bougeaient, en traversant la lame pour mordre dans la lambourde. Attention : pas de vis à bois classique dans un vieux parquet, ça fend. J’ai pris des vis à tête fraisée de 4 × 50, avec un avant-trou. Trente-huit vis au total, deux heures de travail, dont une heure et demie à quatre pattes sous une étagère. Le grincement principal a disparu.

L’étape que j’aurais dû faire en premier

Le reste des bruits venait d’ailleurs. Le plancher transmettait les pas et les voix vers le dessous, et réciproquement. J’ai donc posé une sous-couche acoustique épaisse sous un parquet flottant dans la pièce voisine, celle qui sert de réserve. Disons-le franchement : ça change la vie en termes de confort, beaucoup moins en termes d’atténuation entre étages. Un flottant sur sous-couche, ça réduit le bruit de pas de quelques décibels, guère plus. Les blogs spécialisés sont clairs là-dessus, et beaucoup de vendeurs de moquette un peu trop enthousiastes ne le sont pas.

Si c’était à refaire, je commencerais par un diagnostic honnête : d’où vient le bruit, où il va, et est-ce que je peux agir sur la structure ou seulement sur le revêtement ?

C’est là que le bât blesse souvent. On achète du matériau avant d’avoir compris le problème. Moi le premier.

La cave, finalement

Mon plancher ne craque plus. La cave tourne. J’y ai descendu un morbier, deux tommes de Savoie et un bleu trop salé que je n’oserai pas servir à mes beaux-parents. Les étagères sont fixées dans les murs, plus sur le sol, et j’ai calé chaque planche avec une petite bande de liège. Détail ridicule, effet réel.

Il reste un bruit, celui de la porte du sous-sol qui claque. Je n’ai pas encore trouvé la patience de m’y attaquer. Un joint en mousse, peut-être, un dimanche matin. Mais avant, il faudra que je goûte ce bleu.

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